L’histoire que je vais raconter pourrait sembler plutôt banale. En effet, elle s’est déroulée près de mon collège et n’est ni héroïque, ni extraordinaire. C’est un acte de politesse qui paraît des plus simple, et pourtant, venant d’une collégienne de 15 ans, il m’a particulièrement marqué.
J’étais dans un bus où tout le monde était serré et même archi serré. Tout de suite, j’ai repéré la fille en question : c’était une jeune camarade que j’appellerai ici Laetitia pour ne pas dévoiler son identité. Elle venait de mon collège et elle était considérée par la plupart des autres comme assez médiocre en classe. Je la connaissais bien car on avait travaillé ensemble dans un projet où j’avais pu découvrir ce qu’elle valait. Elle n’était pas dénuée de qualités, mais c’était une fille que tout paraissait ennuyer et qui était finalement peu attirante.
Une dame âgée d’environ soixante dix ans, accompagnée de son petit chien et traînant son caddie derrière elle, rentra dans le bus, prit son ticket et se dirigea vers l’allée en cherchant désespérément une place libre où elle pourrait s’asseoir et se reposer. Elle s’avança et vit la fille assise sur un des sièges avec son cartable sur les genoux. Elle revenait du collège.
C’est alors que l’étudiante, Laetitia, se leva, et lui demanda d’une voix très gracieuse et très douce : « voulez-vous ma place ? ». Et là, à ce moment, j’eus le souffle coupé. Sur le moment, je me demandais si je n’avais pas rêvé. Alors, Laetitia se leva, prit son sac et laissa sa place à la dame. Je restai pendant au moins deux minutes bouche bée et puis me demandai : « mais comment, avec un caractère pareil, a-t-elle pu, avec autant de grâce et de distinction, donner sa place : c’était tellement incroyable ! » Tout de suite, je la vis sous un autre angle. Elle s’intéressait donc aux autres et plus particulièrement à ceux qui avaient besoin d’aide !
En partant, elle me fit un signe pour me dire au revoir. Je me dis, à ce même instant, que je ne jugerai plus jamais personne sur son physique ou sur son comportement apparent dans le collège. Il y avait toute une part de Laetitia qui ne se montrait pas habituellement, quelque chose de doux, de tendre qui ne pouvait peut-être pas s’exprimer entre les murs du collège.













































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